Les nombres chinois : compter, lire les prix et l'heure
Les nombres reviennent partout dans le HSK : âge, prix, heure, date, numéro de téléphone, quantités. Il ne suffit pas de les reconnaître à l’écrit, il faut les décoder à la vitesse de la parole. Bonne nouvelle : le système chinois est l’un des plus réguliers qui soient, et pour un francophone il est nettement plus simple que le sien.
De 0 à 10
| Chiffre | Caractère | Pinyin |
|---|---|---|
| 0 | 零 | líng |
| 1 | 一 | yī |
| 2 | 二 | èr |
| 3 | 三 | sān |
| 4 | 四 | sì |
| 5 | 五 | wǔ |
| 6 | 六 | liù |
| 7 | 七 | qī |
| 8 | 八 | bā |
| 9 | 九 | jiǔ |
| 10 | 十 | shí |
Dix caractères, et l’essentiel du système est déjà en place.
De 11 à 99 : aucune forme irrégulière
Tout se construit autour de 十 (shí). À gauche de 十, le multiplicateur ; à droite, les unités.
- 11 = 十一 (shíyī), 12 = 十二 (shí’èr)
- 20 = 二十 (èrshí), 25 = 二十五 (èrshíwǔ)
- 99 = 九十九 (jiǔshíjiǔ)
Il n’y a pas un seul mot à apprendre par cœur entre 11 et 99 : la règle produit tout.
À partir de 100, et le rôle de 零 (líng)
- 100 = 一百 (yìbǎi). Attention : 百 (bǎi) est toujours précédé de 一 (yī), on ne dit jamais 百 seul pour « cent », contrairement au français « cent » sans article.
- 200 = 两百 (liǎngbǎi), ou 二百 (èrbǎi) selon les régions.
- Quand un rang est vide, on le signale avec 零 (líng) : 101 = 一百零一 (yìbǎi líng yī).
Ce 零 (líng) n’a pas d’équivalent français. En français, « cent un » laisse le rang des dizaines simplement muet. En chinois, le trou doit être annoncé, sinon l’auditeur comprend un autre nombre.
Le vrai point de bascule : on coupe tous les quatre chiffres
Voilà la différence structurelle la plus importante entre le français et le chinois, et celle qui fait perdre le plus de temps à l’oral.
Le français découpe les grands nombres par tranches de trois : mille, million, milliard. Chaque nouvelle unité arrive tous les trois zéros. Le chinois, lui, découpe par tranches de quatre : après 千 (qiān), la nouvelle unité est 万 (wàn), qui vaut dix mille, puis 亿 (yì), qui vaut cent millions.
| Chiffre | Français | Chinois |
|---|---|---|
| 10 000 | dix mille | 一万 (yí wàn) |
| 100 000 | cent mille | 十万 (shí wàn) |
| 1 000 000 | un million | 一百万 (yìbǎi wàn) |
| 100 000 000 | cent millions | 一亿 (yí yì) |
Lisez ce tableau ligne par ligne. En français, 10 000 reste un multiple de mille : « dix mille ». En chinois, on change carrément d’unité : 一万 (yí wàn), c’est « un wàn », pas « dix qiān ». Et un million, que le français traite comme un nouveau palier avec son propre mot, devient en chinois 一百万 (yìbǎi wàn), c’est-à-dire « cent wàn » : ce n’est plus un palier, c’est un multiple du précédent.
Concrètement, cela veut dire que l’habitude française de regrouper les chiffres trois par trois vous trahit. Devant 1 500 000, un francophone lit spontanément « un million cinq cent mille » et cherche à traduire mot à mot. En chinois, il faut d’abord recouper le nombre en 150 万 (wàn), puis lire 一百五十万 (yìbǎi wǔshí wàn). Le réflexe à installer est donc : recompter les zéros par groupes de quatre en partant de la droite, avant de parler. Tant que ce recoupage n’est pas automatique, tous les prix, salaires et populations resteront lents à comprendre.
Là où le chinois est plus facile que le français
L’inverse est vrai pour les dizaines. Le français impose des numéraux qui contiennent un calcul : soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix. Rien de tel en chinois :
- 70 = 七十 (qīshí)
- 80 = 八十 (bāshí)
- 90 = 九十 (jiǔshí)
Sept-dix, huit-dix, neuf-dix. Aucune addition, aucune multiplication déguisée, aucune forme régionale comme septante ou nonante. Sur ce point précis, un francophone découvre un système plus simple que sa propre langue, et cela s’entend tout de suite à l’oral.
二 (èr) ou 两 (liǎng) selon la situation
Le chinois a deux mots pour « deux ». Le choix dépend de ce qui suit.
| Situation | Chinois | Pourquoi |
|---|---|---|
| 2 heures | 两点 (liǎng diǎn) | 点 (diǎn) est un classificateur, donc 两 (liǎng) |
| 20 yuans | 二十块 (èrshí kuài) | 20 se construit avec le nombre 二十 (èrshí) |
| 2 yuans | 两块 (liǎng kuài) | 块 (kuài), unité orale de monnaie, est un classificateur |
| 2 février | 二月二日 (èr yuè èr rì) | les dates se lisent chiffre par chiffre avec 二 (èr) |
La règle sous-jacente est simple : devant un classificateur, c’est 两 (liǎng) ; pour lire un chiffre ou construire un nombre, c’est 二 (èr). Le fonctionnement des classificateurs est détaillé dans l’article qui leur est consacré.
Les trois questions à savoir poser
- 多少钱? (duōshao qián?) : combien ça coûte ?
- 现在几点? (xiànzài jǐ diǎn?) : quelle heure est-il ?
- 今天几月几号? (jīntiān jǐ yuè jǐ hào?) : quelle est la date d’aujourd’hui ?
Poser la question est facile ; c’est la réponse qui pose problème, car elle arrive vite et sans pause. Un nombre lu à voix haute ne laisse pas le temps de recompter les zéros. Entraînez donc les nombres à l’oreille plutôt qu’à l’écrit, en vous faisant dicter des prix et des heures au hasard ; les techniques d’écoute sont regroupées dans l’article sur la compréhension orale.
À retenir
- De 11 à 99, tout se déduit de 十 (shí) : rien à mémoriser, contrairement aux dizaines françaises.
- Les grands nombres se coupent tous les quatre chiffres : 一万 (yí wàn) est une unité neuve, et un million se dit 一百万 (yìbǎi wàn).
- Un rang vide se prononce avec 零 (líng) : 一百零一 (yìbǎi líng yī).
- Devant un classificateur, « deux » se dit 两 (liǎng) ; pour lire un chiffre, 二 (èr).